La génétique, facteur expliquant au moins 60% de l’autisme


Si l’origine, ou plutôt les origines, de l’autisme continuent d’être une énigme à résoudre, il est désormais reconnu que l’hérédité et plus largement les gènes constituent le facteur prépondérant. L’autisme est certainement un résultat d’ensemble de raisons, mais les prédispositions génétiques  jouent le plus grand rôle, que celles-ci soient directement héritées des parents ou qu’elles surviennent par mutation seulement chez l’enfant porteur.

La probabilité de l’autisme est fortement multipliée dans une fratrie : par 3 entre demi-frères et sœurs, par 10 entre frères et sœurs, par 150 entre vrais jumeaux.

Historiquement, les recherches faisaient tout d’abord passer la génétique comme le responsable à 90% de l’autisme. Puis ce sont les conditions environnementales, à 65%, qui ont ensuite gagné la majorité, ne laissant plus que 35 % à l’héritabilité. En 2012, une nouvelle étude suédoise, puis en 2015 une britannique, faisaient remonter le pourcentage à 56 voire jusqu’à 95% selon la méthode d’étude. Une autre, plus récente encore, estime que la fourchette est comprise entre 64 et 91%.

Ces variations montrent qu’il n’y a pas réellement de valeur sûre et définitive, que tout cela dépend des façons de procéder, tant dans la définition des troubles que dans les modes opératoires de l’analyse, et que quoi qu’il en soit, toutes aboutissent sur une prédominance du caractère héréditaire.

Les progrès de la génétique moléculaire depuis les années 2000 permettent à présent d’identifier les gènes concernés, et d’observer leurs mutations (rares) ou bien les combinaisons de variabilité qui prédisposent à l’autisme.

En ce qui concerne les facteurs environnementaux (1), les facteurs prénataux sont également d’importance. En effet, les fièvres durant la grossesse, l’exposition aux virus et certaines bactéries contribueraient à augmenter le taux de susceptibilité de l’autisme. La prise de médicaments tels que la thalidomide, l’acide valproïque (2), les antidépresseurs, l’exposition aux pesticides, à la pollution atmosphérique  et aux perturbateurs endoctriniens pourraient eux aussi favoriser l’autisme. Cela dit les études ne s’accordent pas encore toutes en ce sens. Il faudrait d’autres études « indépendantes » pour éclairer l’affaire…

Par ailleurs, sont mis de côté toutes les anciennes pistes ou croyances telles que : le gluten, la caséine, la psychanalyse et la dépression maternelle, les infections microbiennes ainsi que les vaccins.

Mais nous n’en sommes encore qu’à l’aube des recherches ! Celles-ci évoluant, on peut évidemment penser que de nouvelles causes soient détectées un jour et que les actuelles certitudes soient à revisiter…

(1)    On entend par ce terme, tout ce qui n’est pas génétique : l’environnement biologique, affectif, familial, social)

(2)    La fameuse Depakine, anti-épileptique désormais reconnu néfaste sur le foetus


Sources : http://theconversation.com/dans-lautisme-le-role-de-lheredite-est-preponderant-78384

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